Aucune société n’échappe aux viols des femmes et des enfants,aucune / Par Mariem Mint Derwich

Mais certaines sociétés ont décidé de regarder leurs maux en face et de prendre le taureau par les cornes en mettant les mots sur les maux, en pénalisant, en votant des lois permettant si ce n'est de protéger entièrement les futures victimes, tout au moins de permettre à ces victimes d'être entendues par la justice et de bénéficier d'outils d'accompagnement efficaces.

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Dans les violences faites aux femmes et aux petites filles et aux garçons ( dans notre pays existent bel et bien de nombreux cas de viols sur petits garçons), il faut mettre des mots aux maux et ne pas se mélanger les pinceaux. Un crime dit « passionnel », drame de la jalousie et/ou de la colère n’est pas lié, la plupart du temps, à un crime dit sexuel ( viol et autres). Même si, comme le dit Freud,  » Tout est sexe » ( nuancé depuis mais fondamentalement vrai).
Concernant le crime sexuel il faut oser reconnaitre et dénoncer le manque d’éducation sexuelle qui devrait être portée par l’école car dans les familles c’est un sujet tabou. Quand on n’apprend pas aux garçons ce qu’est la sexualité, le corps d’une femme, le sexe tout court, on les abandonne au seul apprentissage auquel ils ont accès, celui du sexe dans les vidéos pornos ( banalisation de cet apprentissage du « viol » pornographique via les téléphones portables accessibles désormais à tous, ainsi qu’internet). Ces mêmes vidéos véhiculent une image d’une femme soumise, qui dit oui même quand elle dit non, qui accepte toutes les pratiques et qui semble aimer cela!
Quand le sexe est occulté, quand les codes sociétaux le rendent sale et quasi confidentiel, comment nos enfants peuvent ils apprendre le respect de l’autre?
Quand, dans un pays, la frustration sexuelle, chez nos adolescents, est telle que nous assistons parfois à des scènes de zoophilies ( combien d’hommes de ma génération ont connu ça….), quand le sexe est renvoyé aux oubliettes du corps par l’excision par exemple, quand tout est interdit mais tout sexualisé , soupape de défoulement et de fantasmes nombreux et variés ( comme par ex, le fait de « peut on prier après être resté de longues heures à dos de chameau, au motif que le frottement de l’appareil génital masculin contre la selle ou la couverture est censé provoquer des sensations érotiques, donc haram pour la prière, etc….), quand tout ce qui a trait au corps est impur, etc etc, comment s’étonner de cette violence à caractère sexuelle? Quand chaque tentative de protéger les femmes et les enfants s’arrête à la seule volonté des fuqqahas, leur laissant le dernier mot, même quand il est criminel, comment parler des violences sans subir les anathèmes?
Quand les femmes elles mêmes font du sexe une arme de négociations et de marchandages affectifs et pécuniers, comment parler du sexe, le vrai, le sexe admis et consenti, choisi?
Aucune société n’échappe aux viols des femmes et des enfants, aucune. Mais certaines sociétés ont décidé de regarder leurs maux en face et de prendre le taureau par les cornes en mettant les mots sur les maux, en pénalisant, en votant des lois permettant si ce n’est de protéger entièrement les futures victimes, tout au moins de permettre à ces victimes d’être entendues par la justice et de bénéficier d’outils d’accompagnement efficaces.
Il y a des tabous à lever.
J’ai toujours été persuadée qu’il ne s’agit que de volonté politique, de volonté capable d’aller à l’encontre des habitudes et d’imposer. Chez nous nous en sommes loin. Nous, nous en sommes encore au stade du  » faut pas aller trop vite ».
Question d’approche…
Moi je crois en l’interventionnisme et en la volonté d’un pouvoir.
Sans celle ci, rien ne se fera…

Source : Mariem Mint Derwich

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