LUTTE CONTRE LE TERRORISME, G5 Sahel… L’Afrique encore sous tutelle sécuritaire

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weeklyinfos.net@gmail.com
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La dépendance de l’Afrique envers le reste du monde, notamment les anciennes puissances occidentales, s’est étendue dans le domaine sécuritaire avec le terrorisme, cette nouvelle menace qui n’épargne aucun pays.

Avec Boko Haram au Nigéria, les Shébabs en Somalie, Aqmi et Al Qaeda, Al Mourabitoune dans la zone sahélienne, la menace est bien réelle avec des victimes un peu partout, notamment dans des Etats « fragiles » comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger ou la Mauritanie, étant entendu que ces deux derniers Etats s’en tirent pour le moment mieux que les autres.

Le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ont été frappé par des actes terroristes selon un plan qui ne ménagerait pas le Sénégal si toutes les dispositions ne sont pas prises.

Pour le moment, le Sénégal est encore épargné et cela est loin dû au hasard. Des efforts ont été fournis à tous les niveaux, notamment dans le renforcement de l’arsenal militaire et la réorganisation des services militaires et de sécurité avec, à la clef, de nombreuses arrestations en interne.

Qu’à la cela ne tienne, l’Afrique reste encore une cible pour tous ces groupes qui ne cessent de travailler à créer les conditions optimales de leur épanouissement.

C’est contre cela que les Africains travaillent, chaque Etat pris individuellement, mais aussi collectivement à obvier le mal. C’est ainsi que le G5 Sahel a été créé entre le Niger, le Tchad, le Mali, le Burkina Faso et la Mauritanie. Curieux que le Sénégal et le Nigéria aient été écartés au moment l’on parle de 10 mille hommes pour sécuriser la bande du Sahel.

Un effort légitime dans un climat sécuritaire délétère hérité de la crise malienne et qui s’étend à tous ses voisins.

Toutefois, sur le plan opérationnel, rien n’a été rendu public sur la manière dont ces hommes doivent se déployer alors que d’un point à un autre, il peut y avoir des distances de plus de 200 kilomètres comme on l’a vu au Burkina Faso.

Il faut alors des moyens conséquents de réaction rapide. Et c’est là où le bât blesse. L’Afrique, pour ce faire, pense qu’elle doit se tourner vers « ses partenaires ». L’Union européenne a déjà annoncé un subséquent appui financier de 50 millions d’Euro. Et les Africains attendent des contributions d’’autres amis. Comme d’habitude.

Non pas que ce n’est pas bon de se faire aider, surtout dans un monde où la lutte contre le terrorisme transcende les frontières, mais le souci, ici, c’est que toutes les stratégies et planifications risquent de venir des bailleurs qui ne vont pas se contenter d’injecter leur argent.

La France a beaucoup travaillé à convaincre Anglais et Américains à avaliser le projet de G5 Sahel par les Nations Unies. Le rôle de cette ancienne puissance coloniale est ainsi mis à nu dans cette entreprise qui ne révèle pas toutes ses intentions. Le fait de parler de « lutte contre tous les trafics » peut ainsi ouvrir bien des perspectives à des forces de sécurité souvent sous l’autorité de pouvoirs politiques qui veulent s’éterniser au pouvoir.

Ce que nous voulons dire, c’est que si l’Afrique veut assurer sa sécurité, elle doit se donner les moyens de le faire sur le plan humain et logistique.

On ne peut pas consacrer nos maigres ressources à des propagandes politiques et verser le reste dans des comptes privés pour aller tendre la main à des Européens et à des Américains qui, loin d’être dupes, posent aussi leurs conditionnalités.

Tout le monde sait que sous prétexte de la lutte contre le terrorisme, Washington et les Etats du pacte de Schengen accentuent la pression sur les Etats africains, au risque même parfois de les discréditer aux yeux de leurs propres électeurs.

Cette tutelle sécuritaire n’est pas forcément efficace. Par exemple, tout le monde sait que les Etats-Unis, dans le cadre de Africom, avaient, avant la crise malienne, consacré un programme important de formation pour les militaires de ce pays et d’autres comme le nôtre. Mais cela n’a pas servi à grand-chose au moment du conflit.

L’analyse de la participation de ces contingents comme Serval et Barkhane ont montré une efficacité limitée. Le Mali reste instable et la situation est plus compliquée aujourd’hui que d’antan.

D’ailleurs, nous ne voyons pas la nécessité de conserver une force comme Barkhane à côté de la force onusienne Minusma alors que les Français sont partie intégrante des Nations Unies. Pis, pourquoi Barkhane à la place de Serval qui, du point de vue des spécialistes, était plus efficace ?

Tout le monde sait en effet que du côté des partenaires, les intentions sont loin d’être innocentes. L’enjeu des matières premières,  la course pour leur contrôle et le désir de laisser peu de place à des pays comme la Chine, expliquent que l’Occident ferme souvent les yeux sur l’incapacité organisée des Etats africains, y compris dans le domaine sécuritaire.

L’Afrique refuse de grandir par le fait de dirigeants enclins à jouer non pas au garde-chasse comme Jean Bédel Bokassa, mais au « bon élève de… » dans le souci de ne pas se voir mettre des bâtons dans les roues.

Cette analyse est partagée par le Professeur Meissa Babou, Economiste, qui rêve de dirigeants qui ont l’audace de Kadhafi, l’intelligence d’Abdoulaye Wade et le courage de Mugabe.

Malheureusement, ce type de dirigeants ne court pas les rues.

Toutefois, ce n’est pas trop demander à l’Afrique que de suggérer que tout soit mis en œuvre pour la mise en place d’une force africaine d’alerte ou d’intervention rapide avec l’implication de tous.

Assane Samb

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