Le roi du Maroc n’ira pas à au sommet de la Cédéao à cause de Netanyahou

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Le roi du Maroc, Mohammed VI, ne se rendra pas ce week-end au sommet de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest en raison de la controverse liée à la présence du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.

Le sommet de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui s’ouvre samedi 3 juin à Monrovia, au Liberia, devait constituer un grand moment pour le royaume du Maroc. La candidature du pays pour rejoindre l’organisation régionale devait y être examinée. Pour appuyer la demande déposée en février 2017, le roi Mohammed VI devait faire le déplacement en personne.

Mais le roi du Maroc a finalement décidé d’annuler son déplacement en raison de la « controverse » liée à la participation au sommet du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, selon un communiqué de la diplomatie marocaine publié dans la nuit de jeudi à vendredi.

Toutefois, le Maroc n’est pas le seul pays à prendre ses distances avec cet événement au cours duquel les chefs d’État de la région discutent des questions de commerce et de sécurité. « Des pays importants de la Cédéao ont décidé de réduire au minimum leur niveau de représentation à ce sommet, en raison de leur désaccord avec l’invitation adressée au Premier ministre israélien », explique le communiqué, notant que d’autres États membres ont, également, exprimé leur étonnement par rapport à cette invitation.

Selon le pure-player marocain, Le Desk, le Niger et le Nigeria ont annoncé leur désistement. Or, ce dernier est un poids lourd de la Cédéao contribuant à environ deux-tiers de son budget et accueillant son siège dans la capitale Abuja.

Plusieurs pays marquent leur opposition à Israël

« Le contexte de tensions qui prévaut actuellement au sein de l’organisation n’était donc pas propice », ajoute la source diplomatique du Desk. « Il s’agit avant tout de débats internes [à la Cédéao], deux pays n’y seront pas, tandis que d’autres hésitent encore ».

Cette source diplomatique fait sans doute référence au Sénégal, pays ami du Maroc et son principal soutien en Afrique de l’Ouest, en froid diplomatique avec Israël. En décembre, Dakar avait voté en faveur d’une résolution onusienne contre la colonisation des territoires palestiniens occupés. Tel-Aviv avait riposté en convoquant son ambassadeur à Dakar et en annonçant l’annulation de toutes ses aides à ce pays. Plus généralement, les États de l’Afrique de l’Ouest, avec leur forte communauté musulmane, se montrent particulièrement sensibles à la question palestinienne.

Le Maroc reste confiant

Si la diplomatie marocaine se dit confiante quant à sa demande d’adhésion à la Cédéao, le roi « souhaite que sa première présence à un sommet de la Cédéao n’intervienne pas dans un contexte de tensions et de controverses, et tient à éviter tout amalgame ou confusion », précise le communiqué des Affaires étrangères.

Le Maroc n’entretient plus de relations diplomatiques avec Israël depuis 2000 et la seconde intifada. De plus, le souverain est le président du Comité Al-Qods (du nom arabe de Jérusalem), une organisation multilatérale réunissant les soutiens de la cause palestinienne au sein du monde arabe. Comme l’analyse Le Desk, le roi Mohammed VI, en sa qualité de dirigeant du comité, aura sans doute voulu se tenir à l’écart des débats houleux et des boycotts internes à la Cédéao concernant Israël.

L’État hébreu est très actif diplomatiquement et économiquement sur le continent. Benjamin Netanyahou s’est rendu l’an passé dans quatre pays africains, dont le Togo, où il devrait rencontrer d’ici quatre mois une trentaine de dirigeants africains au cours d’un sommet Afrique-Israël, à Lomé. Sa présence à Monrovia a notamment pour but de faciliter de nouveaux contrats commerciaux et agricoles avec les pays de la Cédéao.

Avec AFP

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