Contribution : à Amourj ou Kouch, Qui ? Répond de quoi ? – Par Cheikh Ould Smail

Qui ? Répond de quoi ? L’avènement de la démocratie n’a rien changé. Un vent fort, très fort, une tempête, un ouragan impitoyable balayant tout sur son passage, semant la panique, le désordre s’abat sur nos tètes, c’est le désastre. Nos populations ahuries, stupéfaites, subissent de pleines fouées, tous les calvaires. Un spectacle émouvant ou tout est permis, même l’immoral. Notre tissu social est atteint de morosité.

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Amourj,appelé communément,par nostalgie ou par amour d’une belle époque du passé simple Kouch du Hodh Charghi, est cette superficie enclavée, à caractère agropastoral, située dans l’extrême Sud-Est du pays.

Cette vaste région est limitée à l’Est par une ligne qui part du Sud à partir des hauteurs de M’Bouth sur la limite du Mali, en passant vers le Nord par Boughla, passant à l’Ouest de Tichelatine Ould Bou kerche,de Matt Leekariche pour aboutir sur la mare de Dendara. Au Nord par une ligne qui descend de la mare de Dendara vers l’Ouest en passant par la colline de Heweiriya, par Crae El Jiyech, l’Oued de Bou Lenewar, de la Mare de Mahemouda pour s’arrêter à Djagratt, les limites de Timbedra. A l’Ouest par une ligne qui part de Djagratt au Nord,passant par El Khatt à l’Est de Bousteilla pour s’arrêter sur la limite du Mali au Nord-Ouest de la ville de Nara. Au Sud par une ligne du point Nord-Ouest de Nara en passant par Seyel, Aghor, Bour Jajiya jusqu’à M’Bouth.

Le découpage administratif a sa raison, que la raison ne connait pas. Son relief présente une inclinaison d’Est en Ouest par la présence des Guelbs et petits monticules caillouteux. Elle est habitée par la Tribu des Oulad-Mouhoumoud, qui compte vingt-cinq fractions indépendantes, l’une de l’autre. Là, cette Entité sociale, forte de la solidarité de ses composantes, exerçait une influence sans partage. Un groupe, de Chefs traditionnels intelligents, lucides, solutionnait les affaires d’intérêts généraux, cas par cas. Un exemple patent de la collégialité.Baobab d'Amourj

Le colon, intelligent qu’il est, a décelé très vite les valeurs de ces populations. En récompense, il a ouvert à Vodré l’école des Fils de Chefs, Idoumou Ould Chein (Oulad Lagass), Ghali Ould Ethmane (Targalet), Chighali Ould Bouhade (Idabouk), Idoumou Ould Sid’ Chikh (Lehyayena) etc…  y ont fait leurs études primaires, construit le complexe de Kossa où des agents, du maintien de l’ordre, de la santé humaine, de l’élevage  exerçaient leurs fonctions respectives. En 1956, sous la loi cadre, il a créé la Subdivision nomade du Sud avec un Poste Administratif à Rass El Vil.

En 1959, feu Maitre Mokhtar Ould Daddah que Dieu le bénisse dans sa dernière demeure, alors Premier Ministre devait venir par une route improvisée, de Néma à Amourj choisi pour capitale, pour poser la première pierre des locaux administratifs, bureaux et logements à Amourj . Les Chefs traditionnels étaient au rendez-vous pour assister la cérémonie. Puis c’était la visite du poste administratif à Rass El Vil. Une époque glorieuse se termine, des réalisations socio-politiques à l’actif de nos pères, que Dieu les bénissent dans leurs dernières demeures.

En 1960, c’était l’indépendance, les temps changent. Une ère nouvelle commence, les méthodes de la gestion des affaires publiques, aussi. Nous les anciens élèves de la Mederssa des Fils de Chefs de Timbedra, ceux de l’Ecole Primaire de Néma, et nos autres fils des générations suivantes, devons assurer les transitions, prendre en compte les relèves, suivant la chronologie des évènements durant ces cinquante-six années écoulées.

Les Régimes qui se sont succédés ne nous ont pas oubliés. Au contraire, ils nous ont mis dans la première loge des plus privilégiés. Ils nous ont promus à des fonctions nationales et régionales. Nous avons exercé les fonctions de Députés, de premier Ministre, de Ministre, dans la Haute Hiérarchie de l’Exécutif, d’Ambassadeur, de Consul, de Secrétaire d’Ambassade, aux Affaires Étrangères, de Secrétaire Général de Ministère, des Directeurs de Sociétés et de Projets, d’Adjoint de Gouverneur, de Préfets, dans les Administrations Centrales et Territoriales.

Qui ? Répond de quoi ?

L’avènement de la démocratie n’a rien changé. Un vent fort, très fort, une tempête, un ouragan impitoyable balayant tout sur son passage, semant la panique, le désordre s’abat sur nos tètes, c’est le désastre. Nos populations ahuries, stupéfaites, subissent de pleines fouées, tous les calvaires. Un spectacle émouvant ou tout est permis, même l’immoral.

Notre tissu social est atteint de morosité.marche Attila avait dit << là où mon cheval pose pieds, l’herbe ne pousse plus >>. Comme pour la rétorque La Fontaine écrivait sa fable << Le Chêne et Le Roseau>>.

A Amourj,nous sommes plus de 40 000, des laissés pour compte, vulnérables, répartis sur cette zone sensible. L’extrémisme de tout bord, le terrorisme aveugle n’épargnent personne.

Raimond Barre dans son livre intitulé << le Droit Constitutionnel >> formulait << un Peuple qui gouverne, un Peuple gouverné >>.

Au nom de ce dernier cas de figure nous lançons un appel perçant sur les pages du Site  rimweekly.net ,venez au secours, notre existence est menacée !

Certaines langues disent << toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire >>. Elles vous attirent la colère, le courroux, les foudres, de ce qui sentent leurs intérêts menacés.

Ce monde ainsi délimité et qui n’avait pourtant rien à se reprocher,sauf le fait de n’avoir pas choisis délibérément d’être là à un moment donné de son Histoire commune,se voit,depuis un certain temps victime de beaucoup d’injustices,victime de beaucoup de laisser pour compte et d’arbitraires . Plus de 40 000, des laissés pour compte, vulnérables, répartis sur cette zone extrêmement sensible car ouvrant ses portes grandement sur tous les dangers et c’est pourquoi,nous demandons à qui de droit de revoir et de réviser,là,à Amourj,à Adel Bagrou et environs ses copies …

Car,au lieu d’élaborer, unis, une stratégie globale et cohérente pour un développement intégré,au lieu de créer l’espace nécessaire pour la relance de nos populations vers l’émancipation, nous avons délibérément- une raison y est – choisi la politique de la non transparence, des apparences, des calomnies et diffamations, des règlements de comptes, un style stérile. Nous sommes restés en de ça, le plomb dans les ailes.  .

Il y’a un moment dans la vie où il faut prendre le risque.

Cheikh Ould Smail

Ancien Préfet et Notable d’Amourj

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