Investiture de Donald Trump: un président imprévisible à la Maison Blanche

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weeklyinfos.net@gmail.com
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C’est une personnalité qui truste les médias depuis des décennies. Donald Trump, le 45e président élu, qui sera investi ce vendredi 20 janvier, accapare les regards depuis des années. Son arrivée à la Maison Blanche pourrait bien être son couronnement.

On pourrait l’appeler « Donald l’imprévisible » ou « Donald l’impétueux » au vu des réactions qu’il provoque chez ses détracteurs. L’homme qui est parvenu à prendre la main sur le parti républicain, lui l’ancien démocrate, était pourtant raillé par les autres candidats à l’investiture du parti conservateur pour son manque de connaissances.

Donald Trump a débuté en reprenant l’entreprise familiale à la fin des années 1970. Une entreprise qui se consacrait jusqu’alors à louer des logements destinés à la classe moyenne new-yorkaise. Mais une fois aux manettes, Donald Trump veut changer de catégorie et investir dans l’immobilier de luxe. Il rachète et rénove le Grand Hyatt Hotel de New York avant de lancer la construction de la Trump Tower.

Du monde des affaires à la Maison Blanche

C’est le début d’une success-story. S’ensuivent d’autres acquisitions d’hôtels puis des casinos à Atlantic City. Il en comptera jusqu’à trois lorsqu’en 1988, il rachète le Taj Mahal. Il racontera dans un best-seller comment il y est parvenu. Le Taj Mahal lui vaudra son premier dépôt de bilan. Cinq autres suivront entre 1991 et 2009. Des dépôts de bilan qui lui permettront de gagner au change grâce à ses dons pour trouver une faille dans les dispositifs légaux.

Celui qui était souvent présenté comme un golden boy, c’est-à-dire un homme qui transformait en or tout ce qu’il touchait, voit sa réputation se ternir dans les années 1990 suite à ses échecs dans le monde des affaires, mais également dans le sport. Au début des années 2000, il refait surface devant les Américains avec l’émission de téléréalité The Apprentice, un véritable succès outre-Atlantique. C’est ce Donald Trump que des millions d’Américains ont plébiscité, puis élu pour occuper le bureau ovale.

Imprévisible dans le monde des affaires, du divertissement et du sport, c’est désormais en politique qu’il sème la zizanie. Et rien n’est parvenu à l’empêcher d’être élu 45e président des Etats-Unis en novembre dernier. Ni son langage de charretier lorsqu’il parle des femmes, ni son exubérance et encore moins son estime de soi. A écouter ses électeurs, il aurait au contraire toutes les qualités pour être un grand président.

Une présidence opaque ?

The Economist qualifiait la gestion de son empire d’opaque. Et c’est peut-être ce qui caractérisera aussi sa présidence. Il annonce par exemple vouloir mettre un terme au système de santé Obamacare et explique avoir un autre plan, meilleur. Mais personne ne sait de quoi il s’agit. Il passe des accords pour maintenir des emplois aux Etats-Unis avec des constructeurs automobiles sans que le public ne sache sur quelle base. Cette opacité pose et risque de poser encore nombre de questions.

Pour Simon Sarfati, professeur au Centre d’études des relations stratégiques de Washington, il y a même un risque de « crise constitutionnelle permanente ». « La façon dont ce président va séparer le gouvernement de sa famille et le pays de son business… toutes sortes de questions se poseront, note le chercheur. Et s’il ne réussit pas assez vite, au-delà des procès réels, il affrontera une série de procès d’intentions qui alimenterait cette crise constitutionnelle. D’autant plus que sa conduite, parfois personnelle, laisse à désirer. »

Une opacité qui questionne à l’intérieur du pays mais qui fait aussi craindre le pire à nombre de dirigeants dans le monde alors que ce vendredi commence un mandat qui s’achèvera dans quatre ans.

Le cas du mur mexicain

Le Mexique, lui, se prépare à une relation difficile avec son voisin qui a promis de faire ériger un mur de séparation entre les deux pays pour lutter contre l’immigration illégale. Dès son premier discours en juin 2015, lorsqu’il avait annoncé sa candidature à la primaire républicaine, Donald Trump avait accusé le Mexique d’envoyer aux Etats-Unis des « trafiquants de drogue, des violeurs, et des criminels ». Il avait assuré que dès les premiers jours de sa présidence, il s’engagerait à construire un mur de béton le long de la frontière que le Mexique devrait payer – ce que son président a toujours refusé – et qu’il expulserait 11 millions d’immigrés clandestins, un chiffre que Trump a revu à la baisse.

Un an après ces propos insultants, le président mexicain Enrique Peña Nieto, au plus bas dans les sondages, avait invité Donald Trump à Mexico pour dialoguer. « Une erreur flagrante », regrettera-t-il. Car les Mexicains se sont sentis humiliés. Après sa visite au Mexique, Donald Trump a brillé dans un meeting de campagne en assurant que le Mexique paierait le mur à 100 %, des propos répétés comme des slogans.

Les quelque 34 millions de Mexicains qui vivent aux Etats-Unis, dont 6 millions sont sans-papiers, craignent désormais des expulsions massives. Le gouvernement mexicain redoute de son côté de subir ces arrivées ainsi que les conséquences des politiques protectionnistes de son voisin. Le constructeur automobile Ford ayant déjà renoncé à construire une usine au Mexique.

Israël se réjouit

A l’inverse, s’il y a un pays qui se réjouit de l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, c’est Israël. Après huit ans de cohabitation difficile avec Barack Obama, il trouve là un interlocuteur beaucoup plus proche de ses positions, analyse notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil.

Depuis un mois, Benyamin Netanyahu le répète à l’envi : les initiatives internationales sur le conflit israélo-palestinien de ces dernières semaines sont des réminiscences d’un monde passé. Pour le Premier ministre israélien, le futur commence ce vendredi. Avec Donald Trump désormais à la Maison Blanche, « les Etats-Unis et Israël cesseront d’être des rivaux sur le nucléaire iranien et la colonisation », assure un proche du chef du gouvernement. L’aile la plus à droite de l’exécutif israélien veut même voir dans le nouveau président américain un allié comme Israël n’en a jamais eu et appelle à l’annexion de pans entiers de la Cisjordanie.

Les Palestiniens, eux, ne cachent pas leur inquiétude. « Nous ne connaissons pas grand-chose de la diplomatie de Trump, mais tous les indicateurs sont négatifs », reconnaissait la semaine dernière un conseiller de Mahmoud Abbas. La nomination d’un ambassadeur partisan de la colonisation et l’absence de référence à la solution à deux Etats dans ses discours inquiètent. Mais la plus grande crainte, c’est la promesse d’une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Un geste que le président de l’Autorité palestinienne qualifie de « sabotage du processus de paix ».

Source : rfi