Le Maghreb de la délinquance

contrechamp / ACTUALITÉS 6 Le Maghreb de la délinquance 6 Selon le rapport 2015 de l’ONUDC (Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime), le Maroc est toujours grand producteur de résine de cannabis et l’Algérie tend à devenir un grand consommateur de kif. D’un autre côté, l’Algérie étant un grand “subventionneur” de carburant, le Maroc s’y ravitaille en essence. Rien de plus normal que des voisins s’adonnent à l’échange de leurs produits respectifs sur la base des lois économiques naturelles de l’offre et de la demande et des avantages comparatifs. Rien de plus normal si ce commerce, illicite, mais intense et soutenu, ne prospérait au travers d’une frontière réputée fermée depuis vingt-deux ans.

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Selon le rapport 2015 de l’ONUDC (Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime), le Maroc est toujours grand producteur de résine de cannabis et l’Algérie tend à devenir un grand consommateur de kif. D’un autre côté, l’Algérie étant un grand “subventionneur” de carburant, le Maroc s’y ravitaille en essence. Rien de plus normal que des voisins s’adonnent à l’échange de leurs produits respectifs sur la base des lois économiques naturelles de l’offre et de la demande et des avantages comparatifs. Rien de plus normal si ce commerce, illicite, mais intense et soutenu, ne prospérait au travers d’une frontière réputée fermée depuis vingt-deux ans.
Le Maghreb n’existe pas. Ni le Maghreb économique ni le Maghreb politique n’ont connu, en cinquante-quatre ans d’indépendance, pour nous, et soixante ans, pour nos voisins, un début de construction. Pas même un début de conception. Les seuls moments où la notion de Maghreb s’était matérialisée à travers des actions de solidarité se rapportent à la période des luttes d’indépendance respectives. Depuis, les relations entre l’Algérie et le Maroc oscillent entre un minimum protocolaire et des accusations réciproques récurrentes que le discours populiste fraternisant tente, occasionnellement, de modérer. Cette tension donne lieu à une course aux armements qui détermine significativement la structure des budgets respectifs. Et ce n’est pas la bonne relation qu’entretient la Tunisie avec chacun des deux protagonistes qui va tempérer les effets de cette tension. Aucun des Maghreb formels, dont la réalisation promise sert de fonds de commerce aux populismes locaux, n’existe. Ni le Maghreb politique, ni le Maghreb économique, ni celui des travailleurs, des artistes, des sportifs, des jeunesses ou des sociétés civiles… Seul le Maghreb de la contrebande, du grenouillage transfrontalier, des va-et-vient interlopes n’en finit pas de s’épanouir.
Les régimes ont bien initié un machin qui a pour nom l’UMA. Mais, c’est juste pour occuper le terrain. Le terrain de la projection politique pour cet ensemble inéluctable, parce que naturel, mais, pour l’heure, irréalisable car incompatible avec la légitimité d’assiégés que cette tension leur procure. Il n’y a plus d’autre Maghreb à concevoir puisque l’UMA existe ! Il ne devrait pas venir à l’idée de quelque force politique ou sociale de concevoir, même intellectuellement, une quelconque projection maghrébine. Ces mêmes régimes, passéistes, sont d’ailleurs plus attachés au A qu’au U de l’UMA, le A du sigle leur servant à baliser, idéologiquement, cette virtuelle entité… qu’ils ne peuvent pas bâtir mais dont ils tiennent à tracer le cadre identitaire pour le cas où d’autres arriveraient à entamer sa construction !
En attendant, et s’il n’y avait pas les déplacements personnels, d’Algériens surtout, pour donner un semblant de réalité à cet espace culturel potentiel, nous serions contraints de nous contenter du Maghreb de la contrebande.
M. H.

Source : liberte-algerie.com

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