Littérature mauritanienne : hontologie sectaire où la sensualité est sacrifiée à l’autel de l’université Wahhabite…

Littérature mauritanienne : hontologie sectaire où la sensualité est sacrifiée à l'autel de l'université Wahhabite... On aurait pu attendre de nos intellectuels francophones une plus grande ouverture d’esprit et moins de plaisir à plaire aux censeurs de l’université wahhabite. Hélas, il en a été autrement pour des raisons faciles à imaginer. Peut-on imaginer un professeur de l’université coordonner un ouvrage quelconque incluant des auteurs dont les œuvres sont impossibles à être citées sans faire scandale en république islamique de Mauritanie ?

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On aurait pu attendre de nos intellectuels francophones une plus grande ouverture d’esprit et moins de plaisir à plaire aux censeurs de l’université wahhabite. Hélas, il en a été autrement pour des raisons faciles à imaginer. Peut-on imaginer un professeur de l’université coordonner un ouvrage quelconque incluant des auteurs dont les œuvres sont impossibles à être citées sans faire scandale en république islamique de Mauritanie ?
Bien sûr Marième Derwich n’est pas seule oubliée de cette  sectaire anthologie de la littérature francophone mauritanienne ( romans, poésies, théâtres et nouvelles ). Parmi les grands absents il y a l’auteur de « l’arbre à la cour criminelle » Djibril Hamet Ly, disparu récemment que Dieu ait son âme. Il manque aussi Bélinda Mohamed auteur de plusieurs romans dont le premier à une époque où plusieurs auteurs distingués n’avaient encore rien écrit. C’est elle d’ailleurs qui a permis au diplomate Ba Mohamed El Moctar  de publier avant son décès son «  crapaud et nénuphars, souvenirs d’un enfant de Dimbé » qui fut un succès en librairie sans lui permettre de figurer dans cette hontologie alors que bien d’autres ne peuvent pas se targuer d’un succès en librairie quelconque.
On se demande bien au nom de quelles compétences et  sur quel critère a-t-on décidé d’estimer que tel est un écrivain et tel non ! Quand on lit les auteurs déclarer, sachant l’indignation qui viendra « l’anthologie se veut un échantillon assez représentatif des œuvres mauritaniennes francophones, mais elle n’est pas exhaustive » on a l’impression qu’il y a en Mauritanie un torrent d’écrivains francophones et qu’il fallait faire le tri alors que les auteurs francophones ne sont qu’une petite poignée se valant quasiment les uns les autres si on devait les comparer aux plus fameux de monde francophone qui doivent leur notoriété à leur talent et non à une loupe pour rassembler de quoi faire la première anthologie du genre en Mauritanie.
Le critère d’avoir été publié dans une maison d’édition digne de ce nom peut-il être retenu quand l’anthologie elle-même ne peut s’en réclamer ? En plus à vue d’œil, il apparaît que ce ne fut pas un critère respecté… Comme l’a dit le seul critique de la critique auto-proclamé monsieur Bouleiba, il y a quelques années, la littérature mauritanienne ne peut pas encore faire l’objet d’une critique académique car elle ne serait pas assez dense. Si on l’ouvre pour la décortiquer, on reste sur sa faim ayant inutilement éventrée une œuvre protozoaire. 
La littérature francophone mauritanienne est récente comme la démocratie, comme l’état mauritanien, on ne peut pas déjà se permettre de faire le tri de cette façon en excluant des pionniers de cette littérature. Bien sûr que les œuvres sont différentes chacune avec sa densité, son sujet mais elles ont chacune leur charme et leur raison d’être car ce dont il faut se féliciter d’abord c’est de l’initiative d’écrire jusqu’à aboutir à un travail fini présenté dont les auteurs sont fiers car ils ont trouvé un public.
Si monsieur Mohamed Ba et monsieur Hamet Ly sont décédés et sans défenseurs audibles au sein des arbitres  du dimanche en littérature mauritanienne, on peut comprendre qu’ils aient été oubliés, mais comment oublier Belinda qui il y a 7 sept ans avait déjà publié 4 romans et un essai. On pouvait déjà dans la presse lire ceci à propos d’elle…

« En Mauritanie, des femmes écrivains arabophones on en connaît. Mais, des femmes écrivains d’expression française on n’en a presque jamais vues. Ce défi Belinda Mohamed, vingt huit ans, l’a plus de cinq fois relevé. Comme l’attestent les rayons de nos librairies où l’on trouve maintenant des romans estampillés Belinda arborant sa photo.

Des romans aux titres atypiques et quelquefois exotiques comme « Astou à Abidjan», « On se marie pour Dieu », « Piégée à Bangkok », « La Rav4, l’or et moi », « J’ai gagné blanc de France »… Mais le désir de dépassement, la vaste culture et la capacité de travail (« Macha Allah » il lui arrive de le réclamer quand on évoque trop ses qualités) de cette jeune auteur ne se confirment vraiment …que dans son dernier ouvrage d’un tout autre calibre intitulé « Secrets de religions », un ouvrage où elle se livre à une sorte de plaidoyer à support arithmétique en faveur de l’islam. Il s’agit d’un livre où elle étale avec force arguments et suivant une logique historique et mathématique la véracité du message islamique.

Pourtant la précocité visible de cet auteur et l’étendue de son champ d’investigation ne doivent guère étonnés au regard de ses origines, de son cursus et de ses nombreux voyages à travers le monde. »

Quant à Marième Derwich c’est aussi incroyable de l’oublier surtout qu’elle a participé à plusieurs traversées mauritanides sans parler de sa présence sollicitée ici et là dans la région en tant que poétesse reconnue.

C’est un scandale qui cache autre chose qu’un innocent oubli. D’abord au pays du racisme partagé, une volonté de citer plus d’auteurs noirs que maures…
De plus, si Marième Derwich a été écartée ce ne peut être que pour rester politiquement correct en république islamique de Mauritanie puisque Marième est par excellence une poétesse de la sensualité. Il faut lire son recueil Mille et un je paru aux éditions 15/21 ou son blog du même nom où l’on peut lire en titre «  double je / double jeu. Briser les carcans. Soulever les voiles des mémoires enfouis… » Tout est dit mais avec finesse, délicatesse et sous-entendus dans la pure tradition de tous les peuples authentiques de Mauritanie qui sont tout sauf des frustrés.
Quand on est un professeur de littérature surtout francophone, il faut avoir le courage d’affronter et de défendre les œuvres surtout quand elles ont du mérite, de l’audace et surtout une indéniable qualité au lieu de donner raisons aux censeurs et s’en sortir avec une formule pour dire que cette hihantologie est juste un échantillon comme s’il y avait trop d’auteurs francophones en Mauritanie.
D’ailleurs ne soyons pas en reste, puisqu’on nous accuse de critiquer et ne rien créer. Sans modestie aucune parlons à la troisième personne pour être digne de nos détracteurs. Il existe un genre en littérature celui des constructions courtes dont un jeune mauritanien de 25 ans à l’époque  reste à ce jour l’unique représentant. En voilà 300.
C’est lui aussi qui a écrit le  plus long acrostiche jamais écrit par un africain francophone où il est question d’une métaphore à propos du coup de foudre vécu, de l’abréaction en psychanalyse et du débat selon lequel l’inconscient serait le diable.  En voici juste un extrait «  la psychanalyse à l’épreuve de la poésie »
 
Ce jeune qui est aussi, toujours en français, en acrostiche et en alexandrins, celui qui a écrit plusieurs pièces de vers d’un genre nouveau chez nous en français qui parle de politique
Quelqu’un  de cette hontologie peut-il justifier que  rien de cela ne mérite d’entrer dans le cadre d’une anthologie de la littérature francophone mauritanienne ? Quelqu’un d’autre en Mauritanie est-il maître de ces genres ?  Qu’on nous cite un nom !
Depuis ce temps de la jeunesse,  après quelqu’un qui a dit  » être Chateaubriand ou rien » et fut Hugo, j’ai eu moins de talent et j’ai préféré n’être rien car j’ai compris que je ne serai jamais ni Racine, ni Pascal ni Balzac ni Baudelaire mais peut-on laisser éternellement  quelques zigs toujours planqués dans leurs fauteuils à tartiner des salades décider qui est écrivain en Mauritanie ou pas ?  Parce qu’on n’a rien à vendre et qu’on publie gratuitement sur le net, cela retire-t-il quelque chose à la littératurité de la chose ? Apparemment oui.  C’est une anthologie coordonnée par un marchand de salades.
Il arrive qu’un auteur pour une seule page traverse les âges là où un boulanger et mille tartines les emporte avec lui dès son dernier souffle pour sombrer dans l’oubli.
A propos du style, il faut écouter le chroniqueur Louis Ferdinand Céline à partir de la minute 1 et 48 secondes  ( je ne partage pas ses thèses au-delà de la littérature )

Cette anthologie est sectaire, coordonnée par des censeurs et conçue pour laisser croire qu’en Mauritanie les noirs sont plus nombreux à être dignes de figurer dans une anthologie de la littérature francophone…
Cela dit elle a le mérite d’exister comme tous les auteurs francophones du pays.  Un jour on s’en souviendra comme un brouillon du genre, sectaire, mal orienté car conçu à une époque où en Mauritanie le racisme était l’esprit détestable apparemment le plus équitablement partagé…
Source : http://www.chezvlane.com/2016/05/litterature-mauritanienne-hontologie.html

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