BCM/Projet de création d’une Bourse des valeurs mobilières : Quand le népotisme et l’injustice le disputent au ridicule !

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weeklyinfos.net@gmail.com
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ssteyeb – Où en est-on du projet de création d’une bourse des valeurs mobilières en Mauritanie ?

Comme beaucoup de personnes qui s’intéressent à la vie économique et financière de notre pays, je me suis posé cette question suite au silence de la BCM depuis plus d’un an par rapport à ce projet dont le début de la phase opérationnelle avait été annoncé début septembre 2014.

Suite à ce silence inexpliqué, j’ai cherché à en savoir davantage. J’ai rencontré plusieurs acteurs économiques et financiers qui s’intéressent à ce dossier.

Mes interlocuteurs ont été unanimes que ce projet est aujourd’hui jugé mort par le secteur économique et financier suite au parachutage à sa tête d’une personne sans expérience dans le domaine.

Ma surprise fut alors très grande d’apprendre que juste avant son départ, l’ex-Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie et actuel MAED, Ould Rayess, a procédé au parachutage d’une personne sans expérience à la tête de ce Projet en écartant l’un des meilleurs cadres de la BCM qui a monté ce projet de toute pièce et sur lequel il travaillait depuis plus de deux ans.

La personne parachutée n’est même pas cadre de la BCM. Mais, Il s’agit du fils du Secrétaire Général actuel de la BCM, Ould Ally.

En guise d’excuses, disons que le Secrétaire Général part à la retraite à la fin de l’année 2016 et pour pérenniser la rente familiale tirée de la BCM, Il exploita les liens sociaux de son entourage familial immédiat pour faire caser son fils dans cette institution. Peu importe alors la manière, et au diable les textes réglementaires en vigueur, l’avenir du projet, l’image de la BCM, la déontologie et le sens des institutions …. !!!.

Selon des connaisseurs, ce niveau de népotisme n’avait jamais été atteint dans l’histoire nationale de la gabegie, pourtant riche en la matière.

Tous ceux que j’ai rencontrés ont témoigné de la qualité du travail accompli dans le cadre de ce projet par son ex-responsable, Mohamed Vall ould El Alem, qui a acquis la confiance et l’adhésion du milieu financier national et international pour la qualité de la conception de ce projet. « Chose très rare surtout en ce qui concerne l’adhésion du milieu bancaire national», déclare un fin connaisseur du milieu local.

« Le ridicule est que tout marché financier est basé sur la confiance et la crédibilité : cela commence par les mécanismes et les institutions du marché : personne n’investira un ouguiya sur un marché dont les responsables sont choisis sur des bases clientélistes en faisant fi de la compétence et de l’expérience pertinente» déclare un autre banquier.

« Cette décision a profondément choqué les cadres de la BCM et a stupéfait les acteurs du secteur financier qui avaient beaucoup d’espoir et d’attentes de ce projet » déclare un cadre de la BCM.

« Suite au dégout et à la déception provoqués par cette décision dans le milieu économico-financier, Ould Rayess aurait reconnu qu’il s’agit d’une grande injustice et que le ci-devant parachuté n’a pas du tout le profil du poste, …… et qu’il regrette ce parachutage» déclare un autre banquier.

Aujourd’hui, et un an après son parachutage, Ould Ally Junior semble toujours ne rien comprendre à ce projet complexe. En effet, il n’a pu entamer la moindre action concrète et se contente de toucher un salaire confortable, sans aucune base légale ni le moindre effort ………

On pensait ce genre de pratiques révolu à jamais grâce à la volonté de lutte contre la gabegie et de promotion de la justice et de l’équité au sein de l’Etat que le Président de la République rappelle souvent.

Par ailleurs, il est honteux qu’à l’heure où les banques centrales à travers le monde mettent la crédibilité et la qualité des ressources humaines au cœur de leur stratégie, la nôtre soit encore à ce niveau de pratiques d’un autre âge.

Enfin, l’actuel Gouverneur de la BCM, Aziz Ould Eddahy, a trouvé cette affaire scandaleuse devant lui. Saura-t-il la gérer de manière honorable et qui restitue un peu de crédibilité à la BCM ? L’avenir nous le dira …..

Pauvre BCM, Pauvre Mauritanie …….

Isselmou Ould Teyeb
Economiste

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