Gérer son émotivité – Par Catherine Aimelet Perissol

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weeklyinfos.net@gmail.com
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On les dit hypersensibles, fragiles… Les émotifs sont dotés d’une grande réceptivité émotionnelle souvent associée, à tort, à un signe de faiblesse. Car bien que déstabilisante, elle peut aussi être une force lorsqu’elle est apprivoisée.  Que risque-t-on à réprimer ses émotions ? Comment entretenir avec elles une relation apaisée ? Ne pas se laisser submerger ? Savoir réagir à l’agressivité ?

Catherine Aimelet-Périssol, psychothérapeute, médecin et auteure notamment d’E.M.O.T.I.O.N, sept étapes pour se comprendre (Albin Michel, 2015), a répondu en direct à vos questions.

À lire :

4 conseils pour apaiser son émotivité : Jugés fragiles dans une société qui privilégie la maîtrise de soi, les émotifs s’empoisonnent la vie. Pourtant, cette grande sensibilité est aussi une force, à condition d’en comprendre le mécanisme.

À faire :

Test : êtes-vous hypersensible ? Un test réalisé en collaboration avec Boris Cyrulnik.

Compte rendu du chat
Catherine Aimelet-Périssol Bonjour, me voilà à pouvoir répondre à vos questions sur l’émotivité et comment la prendre en compte pour qu’elle cesse de nous envahir…Catherine APerissol
zoécmoi: Bonjour, je constate des grandes variations dans mon émotivité selon les jours. Parfois un rien me fait monter les larmes aux yeux, que ce soit un élément triste (actualités par exemple) ou joyeux (un enfant avec son grand-père, une musique que j’aime). Cela ne me dérange pas en soi, mais comme j’ai fait une petite dépression il y a 2 ans, je suis encore effrayée par ces manifestations de mon émotivité je me dis toujours « Est-ce normal ? ou excessif ?  » Bref, comment savoir ce qui est ok et ce qui pourrait être excessif ? Merci de votre avis éclairé 😉
Catherine Aimelet-Périssol Etre ému de son émotivité, voilà qui fait surenchère et peut justement favoriser angoisse et dépression! L’émotivité témoigne du bon fonctionnement de notre corps et de notre esprit face à un évènement qui fait choc pour soi. La bonne idée est de mieux voir ce qui vous touche et de vous laisser éprouver comme une source. La recherche de contrôle a tendance à amplifier le phénomène émotionnel.
Ouialavie: Bonjour et merci pour ce chat. Sait-on si l’hypersensibilité est génétique ou éducationnelle ? Est ce qu’il y a toujours un lien entre la surdouance et l’hypersensibilité ? Est ce qu’on peut etre hypersensible sans etre surefficient ?
Catherine Aimelet-Périssol L’hypersensibilité est fondée sur le fonctionnement de notre cerveau, et à ce titre fondé sur la génétique. Celle-ci donne forme au cerveau mais pas au contenu subjectifs des émotions. L’éducation est l’environnement qui participe à donner forme ces contenus. Entre génétique et environnement, il y a le processus émotionnel responsable de la survie …et donc de notre vie!
Artiste: Déjà bravo pour votre livre “Comment apprivoiser votre crocodile ?”. Depuis quelques années il y a une mode sur le cerveau reptilien (primaire), alors que vous avez su bien développer sur le sujet. Je vis me procurer votre dernier livre car je suis sûr qu’il sera de la même qualité. Sinon pour le sujet d’aujourd’hui, je me sens très concerné car je suis très sensible et je suis sidéré lorsque j’ai à faire à des personnes nocives, agressives, manipulatrices… je sais comment ils fonctionnent, leur but, leur intérêt dans une relation… Mais je me fais toujours avoir au final par mon hypersensibilité, parce que je m’illusionne en croyant que les gens peuvent changer. Et pourtant je devrai avoir compris la leçon car j’ai subi un divorce douloureux qui a duré 4 ans, et mes enfants (adultes car majeurs) sont comme leur mère, très indifférents. Comme me disent mes proches, ils n’ont rien de toi. Mes enfants correspondent tout à fait à ce modèle économique qui façonne les esprits. L’autre est un objet et non un sujet. Je ne sais pas comment gérer cette hypersensibilité, un ami prêtre me dit qu’il faut apprendre à vivre avec. J’espère avoir été clair, mais c’est dur parfois d’être de cette nature, mais en même temps lorsqu’on voit le corps qui fonctionne grâce aux belles émotions, alors ça nous rappelle que nous sommes humain, spirituel, on est dans l’émerveillement. Merci de m’avoir lu.
Catherine Aimelet-Périssol Merci pour votre témoignage sur Comment apprivoiser son crocodile! Je suis convaincue que la connaissance du fonctionnement du cerveau nous aide à mieux nous connaitre nous. Il est préférable de cultiver nos besoins de vie que vouloir en convaincre les autres qui peuvent se sentir agressés de notre attente et de notre savoir. Le mieux est encore de les écouter et de résonner leurs propos plutôt que de chercher à les rendre raisonnables… Vous aurez la description de cette façon d’écouter dans le livre paru dernièrement.
Wel: J’aimerais savoir comment gérer mes émotions au travail, je suis une nounou au domicile des parents. En règle générale j’essaie de contrôler mes émotions, mais on sent toute suite ma vraie nature quand je m’exprime. Dans les relations personnelles, c’est encore pire, soit c’est trop et ça peut agacer l’autre, et même jusqu’à lui faire peur dans nos réactions qu’on ne peut contrôler.
Catherine Aimelet-Périssol Les émotions sont là pour celui qui en est éprouvé et peuvent être mal vécues par l’entourage. Elles ont une fonction: vivre, être en relation avec soi, les autres et l’environnement. Elles ont un langage qui leur est propre que nous pouvons apprendre. Les émotions ont du sens pour nous -mêmes et plus nous le décodons, mieux nous retrouvons l’équilibre. Il s’agit plus d’apprivoiser les émotions que les gérer ou pire, les contrôler.
Aubepine: Quand l’émotion surgit toujours trop fort et envahit tout, comme si elle restait toujours présente, tapie au fond de nous, comment peut on gérer ces montagnes russes emotionnelles et arriver à se reconnecter à la réalité du moment ?
Catherine Aimelet-Périssol Personne ne peut débrancher l’émotivité. C’est un système nerveux vivant et permanent, 24/24! Se reconnecter à la réalité suppose déjà de se reconnecter à notre propre réalité corporelle, à notre corps tel qu’il fonctionne et non tel que nous aimerions qu’il fonctionne. Etre éprouvé par une émotion est éprouvant mais témoigne de votre vitalité. Nous pouvons l’assumer comme notre façon d’exister et cela ouvre notre attention à la réalité qui nous environne.
domi: Bonjour, je suis envahie par un sentiment de peine profonde, accompagnée de larmes, que je ne parviens pas a maitriser, face a des paroles blessantes. Que faire ?
Catherine Aimelet-Périssol Bonjour, quand nous nous sentons blessés en entendant certaines paroles, n’est ce pas parce que nous attendons des autres de la bonté ou de la reconnaissance? La piste serait alors de nous octroyer à nous-mêmes un peu de cette bonté. L’émotion nous invite à prendre soin de nous: la peur à veiller à notre sécurité, notre liberté, la colère, à notre identité et nos sentiments, la tristesse, à notre sensibilité d’être humain. Les larmes en sont le témoignage. peut être pouvez vous prendre plus de soin de votre peine?
Lila: Bonjour, comment vivre avec des personnes qui nous provoquent tout le temps?
Catherine Aimelet-Périssol Quand l’autre nous provoque, c’est souvent qu’il ne nous trouve pas en face de lui. Sans entrer dans la lutte, nous pouvons déjà cesser de nous effacer, de toujours chercher à le comprendre et mieux tenir notre place face à lui. Pour cela, porter notre attention sur notre expérience propre et en parler. L’autre dans sa provocation nous donne à entendre que nous ne sommes pas assez présent.
hm13: Bonjour, je suis quelqu’un de très émotive et je me sens comme une vraie « éponge » par rapport aux sentiments des autres. Par exemple, je peux me lever d’excellente humeur, mais si mon mari est très stressé, je vais ressentir cela immédiatement et l’intégrer à mon humeur sans pouvoir y faire barrière et rester sur ma bonne humeur. Et cela est vrai avec tout mon entourage. Comment arriver à ne pas absorber ces sentiments et à les faire mien? Merci pour votre aide.
Catherine Aimelet-Périssol Bonne nouvelle, nous sommes des êtres vivants avec un corps qui n’a rien d’une éponge! Ce qui se passe, c’est que vous percevez les signes de mauvaise humeur de votre mari et que cela est lu par votre cerveau comme un problème à régler, probablement un enjeu dans votre propre mémoire d’enfance. Cette mémoire contient de la peine et vous voilà triste. Nous ne sommes pas les éponges des émotions des autres mais l’expression des émotions des autres fait écho chez soi, dans notre propre expérience mémorisée et c’est cela qui déclenche notre peine. Vous pouvez sans doute retrouver cette mémoire en vous et en parler avec votre mari et trouver ensemble comment faire?
thierry.p: Bonjour. Est ce que des facteurs d hyper émotivité peuvent entrainer des troubles psychosomatiques telles qu un bloquage qui empêche de marcher, merci.
Catherine Aimelet-Périssol L’émotivité est un processus corporel avant d’être psychique. L’hyperémotivité témoigne d’un mouvement vital qui a pu être contrarié dans notre histoire. Alors, oui, ce phénomène peut s’inscrire dans le corps et certaines fonctions corporelles s’en trouvent bloquées, comme la parole, le mouvement ou certains apprentissages. mettre des mots et des sensations sur ce mouvement vital contrarié est important.
Natdeca: J ai vécu une expérience difficile il y a 2 ans.Depuis ma personnalité a changé.Je ne me reconnais plus.De plus je ne cesse de ruminer cette mauvaise expérience. Mes emotions me submergent.Y a t il une solution pour retrouver ma sérénité?
Catherine Aimelet-Périssol La solution serait de mettre des mots et du sens vivant sur cette expérience difficile. Ce sens vivant n’est pas dans la compréhension psychologique et explicative mais dans le choc corporel qui visiblement demeure au point de changer votre façon d’être et votre personnalité. Cela augmente le niveau d’émotivité. C’est l’écoute de la mémoire émotionnelle dans le corps qui est à prendre en compte.
Dodo: Bonjour, Comment ne pas épuiser notre entourage avec notre hypersensibilité? Je pratique beaucoup de méditation par exemple pour essayer de canaliser, mais parfois cela déborde et pas forcement pour des choses importantes…faut il essayer de contenir à tout prix, ou faut il l’expliquer et comment?
Catherine Aimelet-Périssol Bonne idée que la pratique de la méditation mais attention à ne pas en faire un instrument de canalisation des émotions. Vous risquez de chercher à réussir la méditation ce qui va à l’encontre de cette pause durant laquelle nous pourrions surtout nous « foutre la paix ». Contenir, gérer, maitriser l’émotivité, c’est prendre le risque de la transformer en tsunami. Soyez plus attentif à ce qui déclenche votre sensibilité, osez vous en approcher, le voir vraiment pour découvrir ce qui vous touche. Très souvent, notre émotivité est d’autant plus grande que nous fuyons ce que nous avons vraiment perçu, entendu ou vu et nous réfugions dans des idéaux et des attentes vaines. Entre débordement et renoncement, il y a de la place pour faire face à ce qui nous touche.
Katniss: Bonjour. Tout d’abord merci de répondre à nos questions. Je suis hypersensible, j’ai de l’empathie et souvent les personnes se confient à moi. Cependant, lorsque je parle à ces personnes de mes problèmes, elles ne m’écoutent pas (trop occupées à répondre à des textos). J’ai rencontré ce problème à plusieurs reprises je ne sais pas comment leur dire sans me mettre à pleurer… Merci d’avance pour votre réponse
Catherine Aimelet-Périssol Nous attendons bien souvent de notre entourage de prendre en considération nos peines et nos troubles…sans leur demander s’ils sont disponibles et ok pour nous écouter. Je vous invite à choisir des personnes qui sauront accueillir votre sensibilité. Ne tentez plus de vérifier que des personnes indisponibles sont (ou devraient être) disponibles; vous risquez de vérifier que vous n’êtes pas écoutée. Ne gaspillez pas votre sensibilité.
yasminexxy: Bonjour,je voudrais savoir si mon émotivité a un rapport avec le fait d’être susceptible pour tout en n’importe quoi? Merci
Catherine Aimelet-Périssol La susceptibilité est une des facettes de l’émotivité, une façon d’être ému sur un mode colère rentrée…qui contient aussi une peur d’être touché.
Elo: Bonjour et merci d’avance pour votre réponse.. Je vis actuellement une situation très conflictuelle avec mon compagnon qui a souvent refusé de me dire ce qu’il pensait parce que j’ai toujours eu la larme facile .. Il apparente cela à de la manipulation alors que je suis juste qqn d’extrêmement sensible .. Je pense qu’il l’est aussi.. Il a perdu sa mère l’an dernier et refuse d’en parler .. Il me dit qu’il pense ce que les autres lui disent de penser .. Jen souffre énormément, il est agressif dès la moindre erreur de ma part et je commence à ne plus pouvoir le gérer .. Je ne sais pas si je dois essayer de lui parler ou fuir .. Je l’aime vraiment mais j’ai de plus en plus de mal à supporter son agressivité et son manque d’empathie à mon egard
Catherine Aimelet-Périssol Chercher à gérer quelqu’un que l’on aime n’est certainement pas une bonne idée. Aimer et gérer, cela n’a rien à voir. Certaines personnes restent silencieuses dans leur peine et cette façon d’être correspond à leur propre sensibilité et satisfait mieux leur besoin que d’en parler. Il y a une croyance forte qui consiste à penser que la parole serait une panacée. la parole peut aider mais la personne doit se sentir prête à mettre des mots sur sa peine. peut être que votre sourire, vos gestes tendres et votre silence pourraient aider votre couple. Veillons à ne pas prendre la personne aimée en otage de notre propre idéal.
Étoile : Bonjour et merci de traiter ce sujet qui me touche beaucoup Je souffre d’une Anxiete quasi permanente ( TAG) je refuse la prise de médicaments j’ai commencé une thérapie il y a 4 semaines Ma question est la suivante : Avec une thérapie et un investissement personnel actif ( sport , méditation, écriture ) peux-t’on guérir de l’anxiété généralisée ? Merci à vous
Catherine Aimelet-Périssol L’anxiété est d’autant plus envahissante que nous négligeons notre corps et notre expérience propre au profit d’un devoir de réussite, de performance et souvent de culpabilité. Alors, oui, activité corporelle (sans challenge), thérapie, méditation sont de bonnes voies.
larmesxxl: Mon hyperémotivité m’a pourri la vie pendant de très longues années. A 59 ans, après un divorce mal vécu et dû en grande partie à cette émotivité que mon conjoint ne supportait plus…. j’ai réussi à diminuer le phénomène grâce à des lectures et une aide thérapeutique. Submergées par mes larmes souvent suivies de gros sanglots ce phénomène était récurrent (parfois deux ou trois mois ok …et puis une crise) . Après ces crises de larmes incontrolables j’étais épuisée, vidée toute énergie. C’est pourquoi je ne supporte pas lorsqu’on me dit que « pleurer fait du bien » ou qu’on se sent mieux après. Dans mon cas c’est tout le contraire. Quand le phénomène est déclenché je me sens mal pendant 48 heures. Ces crises sont le plus souvent déclenchées par des paroles, des mots qui me touchent ou bien des non réponses à mes questions, des silences… Actuellement les crises ont /_ disparus mais je reste fragile dans le sens ou j’ai si facilement les larmes aux yeux. Je n’arrive pas à avoir une conversation ou l’on confie ses ressentis avec mes proches (mère, grands enfants, amies intimes…) sans être au bord des larmes … Ils s’y sont habitués mais moi pas! Cela m’handicape toujours et je voudrais tellement être plus solide. Rien qu’en vous écrivant et en parlant de moi …le nez pique,, les larmes sont au bord des yeux… MErci pour vos conseils 🙂
Catherine Aimelet-Périssol Vous avez raison, pleurer ne fait du bien que sur le moment. C’est une réponse biologique à la sensation de peine éprouvée qui rétablit…sur le moment un équilibre intérieur. Sur le long terme, les larmes peuvent être épuisantes. Je ne peux que vous encourager à poursuivre vos lectures (il existe des lectures qui font du bien et pas forcement des essais sur le développement personnel) et votre travail thérapeutique. Peut être aussi à écrire: les ateliers d’écriture sont une formidable façon de faire quelque chose de sa sensibilité, comme une pratique artistique. Bon courage
Cyrielle13: Bonjour, Tout d’abord, je vous remercie de répondre à nos questions. Je pense être une personne hypersensible depuis toute petite. Ce qui me paraissait être une fragilité il y a peu, est devenu une grande force depuis que j’ai entamé des études de psychomotricité. J’ai appris que ma grande réceptivité émotionnelle est une qualité, puisqu’elle me permet d’être dans l’empathie et la bienveillance. Je suis aussi davantage attirée vers les personnes qui dégagent une sympathie, une sensibilité, une certaine « intelligence émotionnelle » et une douceur… Malgré tout ce que je parviens à mettre en pratique: méditation en pleine conscience, auto-hypnose, danse, relaxation etc… toutes sortes de médiations corporelles, j’ai l’impression que je manque cruellement de confiance en moi et que mes émotions me dépassent. Dès que je stress, ou tout simplement que je me sens mal à l’aise face à une situation, ma peau rougit, des plaques peuvent apparaitre sur mon visage, ainsi que des zones de sécheresse (Pour info, je souffre d’eczéma depuis toute petite). De plus, je peux pleurer très facilement, face à un beau film, en méditant, ou juste en conversant de manière intense et profonde avec quelqu’un. Mais maintenant, je suis heureuse d’extérioriser mes émotions dans ces situations. J’aimerais davantage contrôler mes problèmes de peau qui sont présents tous les jours… j’utilise énormément de crèmes, mais j’ai conscience que le problème est bien plus profond… Ce qui me fait mal, c’est que mon compagnon ne comprend pas mes fragilités et mon hypersensibilité. Il me dit que je suis folle… Encore quelque chose qui me donne envie de pleurer… c’est dur car nous n’avons pas les mêmes caractères. Lui, pense tout savoir, ne se remet pas en question et semble bien dans sa peau. Moi, au contraire, je doute souvent de moi, je me remets (trop?) en question et j’essaie d’apaiser les situations, de rester calme et ouverte aux autres. J’hésite à suivre une psychothérapie…. car d’autres troubles qui remontent à l’adolescence viennent s’ajouter et ne me permettent pas d’avancer sereinement dans ma vie de jeune femme de 26 ans… Merci pour votre écoute virtuelle 🙂
Catherine Aimelet-Périssol Quand le corps manifeste les ressentis émotionnels, mieux vaut faire appel aux médecines telles acupuncture ou homéopathie qui prennent en compte la dimension émotionnelle. Quant à la confiance en soi, elle réside non pas dans le résultat obtenu (j’ai réussi et donc je peux avoir confiance en moi) ou bien dans l’idée de faire quelque chose de particulier qui nous donnerait enfin une confiance en nous qui resterait présente en permanence! La confiance est un état corporel et psychique qui se déploie au fur et à mesure que l’on porte attention à ce que nous faisons comme nous le faisons. Nous sommes tous très habitués à ce que la confiance ne soit fondée que sur la réussite et c’est une grande violence que nous nous faisons. Se fier c’est se fonder sur l’expérience que nous vivons au présent, telle que nous la vivons, avec difficulté, avec peine, avec joie, avec anxiété, avec colère, avec sensibilité. A nous de nous réconcilier avec cette logique émotionnelle qui habite notre existence, car, étant liée à notre structure corporelle, elle ne nous quittera pas.
fleur du desert: bonjours , aprés avoir vécue avec un pere violent et alcoolique un frere abusif , pour s amuser disait il , ayant travaillée toute ma vie dans le stress l agressivité, un travaille ou régne un machisme incroyable et aucun respect pour les femmes , étant plus que sensible , j en arrive a présent a detester tous les hommes , !!!! surtout quand je vois les infos et tout le mal fais dans ce monde par leur avidité de pouvoir
Catherine Aimelet-Périssol Notre corps et notre esprit conservent en mémoire les traces des chocs éprouvés! Et nous ne pouvons pas les effacer, mais nous pouvons apprendre à vivre avec et regarder les qualités, les élans que ces difficultés ont développé en soi, les savoirs que nous avons approfondis à partir de ces traces. Mieux vaut alors porter notre attention à ces facultés développées que sur nos jugements vis à vis de ceux qui sont enfermés dans leurs croyances et leurs schémas comportementaux. Bon courage
Alinou: Alinou Comment déconstruire des emprises de certaines personnes sur moi?
Catherine Aimelet-Périssol Plus que chercher à déconstruire l’emprise d’autres sur soi, ce qui est un travail épuisant, sans fin et qui focalise notre énergie sur ces autres là, il est plus juste et surtout plus possible de construire notre réalité propre. Pas à pas, voir ce que vous faites déjà pour répondre à vos désirs propres est une voie plus juste et mesurée.
Claudiane69: Bonjour, depuis toujours j’ai du mal à gérer mes émotions, j’ai tendance à être frustrée et à me sentir jugée tout le temps. Tout est corvé et contrainte. Je travaille pourtant beaucoup sur ma façon de penser, mais la nuit les cauchemars se succèdent. De plus n 2009 apres un voyage en Inde j’ai fais un burn out. Que faire ? Merci pour votre aide.
Catherine Aimelet-Périssol N’oublions pas que les émotions ont un sens vital biologique. elles démarrent dans la faculté de notre corps à répondre et garder l’équilibre dans des événements qui peuvent nous déstabilisés. Etre déstabilisé est normal et humain. Ce qui ne l’est pas, c’est de se vouloir tout le temps stable et sans émotion. Nous évaluons notre vie au lieu de la vivre. La sensibilité vis à vis des jugements des autres témoignent d’abord de la façon dont nous nous jugeons et évaluons notre propre existence. Faire la paix avec ce que nous sommes et surtout nos émotions serait un bon début. pas facile mais bénéfique
Papillons: Comment faire face à un management autoritaire quand on est hypersensible ?
Catherine Aimelet-Périssol La souffrance au travail est un phénomène très souvent dénoncé à juste titre. L’hypersensibilité favorise même l’abus d’autorité, comme si le manager amplifiait son autorité face à la personne sensible. Sensibilité souvent interprétée comme de la fragilité. Faites vous la liste de tous les points et capacités que vous mettez en oeuvre au travail, et ayez là en tête quand vous êtes en relation avec votre manager. Sans doute découvrirez vous qu’il s’apaise au fur et à mesure que vous vous appuyez sur vos propres forces.
Vxt.g: Bonjour , j’ai 14 ans et mon problème est que même quand mon professeur de mathématiques m’explique un exercice les larmes me montent au yeux sans raisons comment faire pour les contrôler ?
Catherine Aimelet-Périssol Le corps ne réagit jamais sans des raisons qui lui sont propres. Cette situation réveille sans doute des expériences mises en mémoire, générant des sensations de déstabilisation qui elles-mêmes, entrainent les larmes pas toujours faciles à contrôler tant elles sont automatiques. les larmes permettent de retrouver un équilibre intérieur mais ont un effet aussi dans la relation selon la compréhension du professeur. Un bon moyen est de la prévenir de votre sensibilité plutôt que de chercher à vous contrôler. Affirmer notre sensibilité est un moyen de ne pas être envahi par elle.
sourou: Bonjour et merci pour le temps que vous nous consacrer. J’aimerais savoir comment gérer et canaliser sa colère?
Catherine Aimelet-Périssol La colère dit quelque chose de notre difficulté à tenir notre place face à un autre ou une situation. Elle nous révèle notre façon d’assumer notre identité, notre différence dans ce face à face. Ecouter notre colère, c’est prendre en considération notre différence par rapport aux autres, y mettre des mots, de la valeur sans chercher ni attendre que les autres adhèrent ou comprennent. Tout un entrainement! Mais cela vaut la peine car la colère est épuisante et tant que nous n’écoutons pas son massage, elle ne nous lâche pas.
kotdep: J’ai une phobie extrême de parler en public et cela me bloque dans ma vie de tous les jours. Que puis je faire ?
Catherine Aimelet-Périssol Il existe des bons coachs pour vous aider à prendre la parole en public. Le plus sage est de vous faire aider
Mila: Quand je suis enerver en m’exprimant Ben je suis emotive et j’ai la vois qui tremble pourquoi ?
Catherine Aimelet-Périssol Toute émotion est d’abord un message corporel. La voix qui tremble est comme le voyant lumineux qui s’allume sur le tableau de bord de la voiture, signal d’alarme d’un trouble, d’une déstabilisation liée à une situation perçue comme un danger. c’est normal, seul moyen du corps à nous alerter et déclencher les moyens (émotionnels) pour recouvrer notre équilibre.
Sassou: Bonjour, je vous remercie tout d’abord de votre présence et des réponses que vous saurez m’apporter et dont j’ai grandement besoin, et m’excuse par avance pour la longueur de mon exposé. Je ne sais pas si cela a un rapport avec mon comportement actuel, mais je souhaiterais préciser que j’ai subi des attouchements lorsque j’étais enfant, événement qui ne me gâche pas la vie aujourd’hui mais qui reste sûrement ancré dans mon subconscient. En outre, j’ai vécu une expérience il y a 5 ans avec un jeune homme avec lequel je m’étais mis en couple pendant quelques mois, et qui m’a fortement détruit psychologiquement, puisqu’il s’agissait d’un manipulateur, très violent et avec un comportement proche de celui d’un schyzophrene. J’ai beaucoup souffert de cette relation d’autant plus que je n’étais qu’une très jeune fille, innocente. Par la suite j’ai rencontré un homme avec lequel je suis toujours en couple actuellement, qui m’a aidé à remonter la pente et qui est un véritable pilier dans ma vie, puisque cet homme est notamment parvenu à me rendre l’estime de moi même. C’est pour moi un père, un frère, un ami et un amoureux. Voilà donc ma question: je suis hyper-emotive, et cette hyper émotivité se ressent énormément dans mon couple. Je pense avoir une peur de l’abandon, je pleure très facilement, même pour un rien car à mes yeux chaque chose qu’il fait ou dit à de l’importance. Mais le problème encore plus grave est que je m’énerve également beaucoup. Je ne parviens pas à maîtriser ma colère, et cela est difficile à vivre pour mon compagnon. Preuve en est, nous nous trouvons actuellement au bord de la rupture, et c’est extrêmement difficile à vivre pour moi. J’ai lu les posts précédants et ai cru comprendre que selon vous, contrôler ses émotions n’est pas une bonne option. Mais alors que faire? Je pense comprendre la cause de cette hyper-emotivité, mais cela ne m’aide pas à me calmer. La situation est invivable pour lui comme pour moi, et je ne peux pas me permettre de continuer à exploser dès lors qu’une chose me déplaît ou qu’elle me touche. Je suis perdue et vous demande donc votre aide qui me serait précieuse
Catherine Aimelet-Périssol Vous avez raison, comprendre ne suffit pas car elle ne peut apaiser l’émotion qui demeure. Pourquoi ne pas vous faire aider par un professionnel de l’écoute pour vous aider à faire la paix avec votre corps et votre émotivité?
sopersol: bonjour,j ai du mal a être heureuse a cause de mon émotivité qui me fait toujours penser a la fin d un moment heureux,j a toujours peur de perdre l autre de ne pas être aime ,du coup cela fait peur aux autres bien sur.
Catherine Aimelet-Périssol La peur de perdre est reliée dans notre mental au désir d’avoir toujours et à jamais, désir fantasmé qui entretient des habitudes et des peurs. Ne vous occupez pas de vos peurs mais regardez combien cet attachement à votre idéal vous enferme.
Alicia : Bonjour , Y-a-t’il une différence entre être Bipolaire et super émotive ? Car parfois je me pose des questions à ce sujet …
Catherine Aimelet-Périssol La bipolarité n’est pas une maladie. C’est même le mouvement naturel du corps entre deux besoins, comme par exemple le besoin de sûreté et celui de liberté. Nous sommes tous habités par ces polarités. Et tous un peu tendus entre elles. C’est normal. Mais vouloir être toujours en sûreté ou toujours libres déclenche la super émotivité. Mieux vaut se réconcilier avec notre nature corporelle et psychique.
Catherine Aimelet-Périssol Les deux heures se sont écoulées. merci pour toutes ces belles questions qui témoignent de votre vitalité et de votre sensibilité. Vous pouvez avoir plus d’informations sur le site logique-emotionnelle.com ou sur le livre EMOTION 7 étapes pour se comprendre (avec pierre Massot Albin Michel) Bonne fin de journée à vous tous Amitiés
Catherine Aimelet Perissol
Source : psychologies.com

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