Une ministre suédoise interdite de séjour en Israël

0
274 Lectures
weeklyinfos.net@gmail.com
weeklyinfos.net@gmail.com

Les relations diplomatiques entre Israël et la Suède se sont tendues ce mercredi. La ministre suédoise des Affaires étrangères avait demandé mardi des enquêtes « approfondies » sur les circonstances de la mort des Palestiniens tués ces derniers mois. A la suite de ces propos, la ministre n’est plus la bienvenue en Israël, selon le ministère israélien des Affaires étrangères.

La ministre Margot Wallström avait demandé mardi des enquêtes « approfondies » sur les circonstances de la mort de Palestiniens tués ces derniers mois par les forces israéliennes, dans un contexte de violences renouvelées.

Elle était interrogée au Parlement par un député d’opposition sur la polémique soulevée le mois précédent par ses déclarations sur la nécessité d’éviter des « exécutions extrajudiciaires » en Israël. Le débat était apparu en décembre alors qu’une centaine de Palestiniens avaient été abattus en deux mois, la plupart en commettant ou tentant de commettre des attaques au couteau en Israël et dans les territoires palestiniens, et d’autres lors d’affrontements ou d’attaques. Le nombre des morts a depuis atteint 150 côté palestinien et 23 côté israélien.
Voix dissonantes au sein du gouvernement israélien

La requête de Margot Wallström a fait réagir le gouvernement israélien, mais les réactions n’étaient pas unifiées.

Dans un premier temps, la ministre adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely a affirmé qu’après les déclarations de Margot Wallström « qui constituent un mélange d’aveuglement et de stupidité politique, Israël a décidé de fermer ses portes pour les visites officielles suédoises ». Ces propos, diffusés par la radio publique, semblaient valoir pour tous les déplacements officiels suédois. Ce qui a causé des remous au sein du gouvernement israélien.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a ensuite précisé à l’AFP que seule Margot Wallström « n’était pas la bienvenue en Israël, mais les autres responsables officiels suédois ne sont pas visés et sont les bienvenus ».

Les propos de Tzipi Hotovely ont été jugés « exagérés » par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont rapporté les médias israéliens. Ces derniers ont fait remarquer qu’une des vice-présidentes du Parlement suédois Esabelle Dingizian effectuait actuellement et jusqu’à jeudi une visite en Israël.
Convocation de l’ambassadeur de Suède en Israël

Dans la soirée de mercredi, un porte-parole des Affaires étrangères a annoncé que l’ambassadeur de Suède en Israël, Karl-Gustav Nesser, avait été convoqué « d’urgence » au ministère à Jérusalem. Le porte-parole a déclaré :

Une protestation a été présentée à l’ambassadeur après les propos agressifs de la ministre suédoise et lors de la rencontre, il lui a été fait part de la colère du gouvernement et du peuple israéliens pour la présentation tendancieuse de la réalité qui dénote une relation hostile envers Israël.

Margot Wallström n’en est pas à sa première charge contre Israël

Depuis son entrée en fonctions en octobre 2014, et l’annonce presque immédiate que la Suède reconnaissait l’Etat palestinien, la ministre Wallström a irrité à plusieurs reprises la diplomatie israélienne.

Juste après les attentats de Paris en novembre, elle avait déclaré que le conflit israélo-palestinien était un facteur parmi d’autres expliquant « qu’il y ait autant de gens qui se radicalisent ». L’ambassadeur de Suède, Karl-Gustav Nesser, avait alors été convoqué d’urgence aux Affaires étrangères.

De son côté, la ministre adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely appartient à une nouvelle génération de membres très à droite du Likoud (le parti de Benjamin Netanyahu) qui rejettent la création d’un Etat palestinien et défendent l’idée d’un « grand Israël » couvrant à la fois Israël et les Territoires palestiniens. Elle avait choqué en mai 2015, peu après sa prise de fonctions, en érigeant des écrits religieux en principes conducteurs de la politique étrangère israélienne.

Rédaction web d’iTELE avec AFP – Photo : la ministre Margot Wallström au Parlement,

AUCUN COMMENTAIRE