Bombe H de la Corée du Nord : comment détecter un essai nucléaire ?

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weeklyinfos.net@gmail.com
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« Dans l’attente de la confirmation des caractéristiques de l’essai nucléaire annoncé et observé cette nuit en Corée du Nord, la France condamne cette violation inacceptable des résolutions du Conseil de sécurité et appelle une réaction forte de la communauté internationale », écrit la présidence de la République dans un communiqué diffusé mercredi 6 janvier 2016 au matin. La Corée du Nord affirme mercredi avoir réussi son premier essai de bombe à hydrogène, bien plus puissante que la bombe atomique ordinaire, montrant ainsi que Pyongyang poursuit son programme nucléaire malgré l’interdiction de la communauté internationale. Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra une réunion d’urgence mercredi matin à New York.
Cette confirmation pourrait venir de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE ou CTBTO en anglais). Grâce notamment à ses 170 sismographes, elle peut détecter toute explosion atomique sur la planète et d’en faire part aux pays signataires. Officiellement elle n’est pas encore opérationnelle, elle ne le deviendra qu’après la ratification du Traité. Certains pays comme la Chine, les Etats-Unis, l’Iran, Israël et l’Egypte n’ont pas encore procédé à cette ratification. Et trois autres Inde, Pakistan et Corée du Nord ne l’ont ni signé ni ratifié, une situation qui limite les moyens d’action de l’OTICE.
Quatre technologies pour détecter un essai
Malgré ces retards, l’OTICE assure déjà un monitoring continu de la planète grâce à un Système de Surveillance International (SSI). Il se composera à terme de 321 stations de surveillance et de 16 laboratoires installés dans le monde entier. Quatre technologies complémentaires sont en œuvre :

SURVEILLANCE SISMIQUE

Un réseau mondial de sismographes enregistre les ondes générées par les tremblements de terre et certaines explosions.

Les ondes sismiques produites par une explosion atomique diffèrent de celles issues d’un séisme. Après analyse, elles permettent de situer le lieu d’un évènement avec précision et d’en déterminer la nature et la puissance. Les ondes sismiques se déplaçant à grande vitesse, un essai souterrain peut être détecté quelques minutes après sa réalisation.

SURVEILLANCE HYDROACOUSTIQUE

Ces stations utilisent des hydrophones et des sismographes installés sur de petites îles pour enregistrer les variations de la pression de l’eau générées par des ondes sonores. Il est ainsi possible de détecter les explosions sous-marines, l’eau conduisant très bien le son, 11 stations suffisent pour surveiller l’ensemble des océans.

SURVEILLANCE DES INFRASONS

Ces stations utilisent des microbarographes pour détecter des microvariations des ondes sonores de très basses fréquences, inaudibles pour l’homme.

Ces ondes sont générées lors d’explosion nucléaire dans l’atmosphère et parfois lors d’essais réalisés en sous-sol, à faible profondeur. Une éruption volcanique ou le décollage d’une fusée en produisent aussi.
Ces stations analysent les particules présentes dans l’air à la recherche d’éléments radioactifs comme l’iode ou le césium.

Un radionucléide est un isotope avec un noyau instable qui perd son énergie en excès par émission d’un rayonnement sous la forme de particules ou d’ondes électromagnétiques.

Ce processus est appelé désintégration radioactive. Les radionucléides peuvent être produits naturellement, mais ils sont également générés lors d’un essai nucléaire. C’est la seule méthode permettant de confirmer qu’une explosion détectée avec les autres systèmes est d’origine atomique.

L’ensemble des données enregistrées par les stations de surveillance est envoyé vers le Centre international de données à Vienne grâce à l’Infrastructure mondiale de communication. Elle est composée d’un réseau de six satellites. Trois de ces satellites couvrent l’Atlantique, le Pacifique et l’océan Indien. Les trois autres sont stationnés au-dessus de l’Amérique du Nord, en Europe et dans la région du Pacifique Nord pour assurer une couverture plus efficace de l’hémisphère Nord.

Le réseau de communication couvre le globe. DR.

Les données sont envoyées depuis les stations grâce à de petites antennes paraboliques puis sont reroutées par les satellites vers trois Hubs (pôle de réception) qui constituent le cœur du réseau. De là elles transitent par liaison terrestre vers le CID à Vienne. Après analyse, chaque évènement suspect fait l’objet d’un bulletin d’information envoyé aux états membres de l’OTICE.
Source : http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/20130417.OBS3887/comment-detecter-un-essai-nucleaire.html

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